🌡️ Rendement et température

Un module photovoltaïque rend moins quand il chauffe — c'est physique, et la fiche technique le chiffre : tant de pour cent perdus par degré au-dessus de 25 °C. Ce graphique mesure ce coefficient sur votre station et le met en face de celui que le fabricant promet. Il sert à celui qui soupçonne une ventilation insuffisante, une pose intégrée qui chauffe, ou des modules qui vieillissent mal.

Option des analyses avancées

Le graphique Rendement et température fait partie des analyses avancées (Pack Advanced), activables installation par installation. Il s'affiche sur la fiche station, dans le groupe « Advanced Analytics », sur les douze mois qui précèdent la veille.

Comment lire

En abscisse, la température des modules, par classes de cinq degrés. En ordonnée, ce qu'ils rendent par unité de lumière reçue : la part de la puissance crête que la station a fournie pour l'éclairement qu'elle recevait sur le plan des modules. Une station parfaite à 25 °C rendrait 100 % ; la vraie rend moins, et d'autant moins qu'il fait chaud.

Il y a une courbe par niveau d'éclairement — 200 à 400 W/m², 400 à 700, 700 et plus —, du bleu le plus clair pour la lumière la plus faible au plus foncé pour la plus forte. Les heures sous 200 W/m² sont écartées et comptées. Cette séparation est tout l'intérêt du graphique : un module est chaud parce qu'il est éclairé, et « il fait chaud » arrive toujours avec « il y a beaucoup de soleil ». Une courbe unique mélangerait l'effet de la température et celui de la lumière — le seuil de démarrage à faible éclairement, l'écrêtage à fort éclairement. En comparant, dans chaque tranche, des heures qui ne diffèrent que par la température, ce qui reste est bien l'effet de la chaleur.

La droite grise est la pente que la fiche technique promet — le coefficient de température des modules déclarés, pondéré par leur puissance, ou −0,40 % par degré quand la fiche ne le donne pas. Elle est ancrée sur la valeur mesurée à 25 °C, sur la tranche la plus éclairée : les deux tracés partagent donc leur niveau et ne diffèrent que par leur pente. C'est voulu. Le niveau dépend de l'encrassement, du câblage, du calibrage de la puissance crête, de tout ce que ce graphique ne mesure pas. Seules les pentes se comparent.

La pente mesurée et le badge

Une annotation en haut du graphique donne la pente mesurée à côté de celle de la fiche — par exemple « −0,42 %/°C mesuré · −0,40 %/°C fiche ». La pente est ajustée sur les médianes de classe de la tranche la plus éclairée, chaque classe pesant par son nombre d'heures. Il faut au moins trois classes peuplées : sinon, ni pente mesurée, ni droite de fiche. Un badge « sensibilité thermique anormale » apparaît quand l'écart entre les deux pentes dépasse 0,15 % par degré.

Les points creux, la bulle et le tableau

Un point n'apparaît qu'à partir de cinq heures dans sa classe et se dessine creux en dessous de trente. Au survol, la bulle donne, pour la classe de température, le rendement des trois tranches avec leur effectif, et la valeur de la fiche. Le bouton « Voir en tableau » rend une ligne par classe de température, avec la médiane et le nombre d'heures de chaque tranche. La note sous le graphique dit comment la température de module a été estimée — modèle NOCT ou modèle de Faiman avec le vent —, car il n'y a pas de sonde.

Les formes à reconnaître

Trois courbes parallèles à la droite

Les modules perdent avec la chaleur ce que la fiche annonce, ni plus ni moins. C'est le cas conforme : rien à chercher de ce côté.

Une pente plus raide que la droite

Les modules sont plus sensibles à la chaleur que prévu. Quatre causes, à départager sur place : une ventilation insuffisante ou une pose intégrée qui fait monter la température réelle bien au-dessus de celle que le modèle calcule ; un vieillissement des modules ; ou simplement une température mal estimée — sans sonde, le modèle peut se tromper sur le niveau, et l'axe avec lui. Vérifiez d'abord le type de pose déclaré sur chaque plan, qui pilote le modèle thermique ; s'il est juste, une visite par forte chaleur avec un thermomètre infrarouge tranche.

Des courbes qui s'écartent entre elles

Si les trois tranches ne se superposent pas, ce n'est pas la température qui parle : à température égale, c'est la lumière qui fait la différence. La tranche forte qui plafonne, c'est de l'écrêtage ; la tranche faible qui décroche, c'est le seuil de démarrage ou une consommation propre de l'onduleur. Dans les deux cas, la courbe caractéristique est le bon graphique.

Ce que vous pouvez en tirer

  • Vérifier un coefficient de fiche sur le terrain, sans instrument.
  • Chiffrer ce qu'une meilleure ventilation rapporterait : la pente mesurée, multipliée par les degrés en trop, donne l'ordre de grandeur.
  • Ne pas confondre chaleur et lumière quand la courbe caractéristique s'affaisse à forte lumière.

Avant de conclure

  • Il n'y a pas de sonde : la température de module est calculée depuis la température de l'air et le vent. La pente reste lisible — une erreur de modèle décale toutes les classes ensemble —, mais le niveau de l'axe ne vaut pas une mesure.
  • Les classes extrêmes — sous zéro, au-delà de 55 °C — tiennent sur peu d'heures. Un point creux se déplace avec quelques journées.
  • Ne comparez que les pentes. Le niveau des courbes dit ce que la station rend en général ; c'est le PR et la courbe caractéristique qui en parlent.
  • La pente est mesurée sur la tranche la plus éclairée seulement : les deux autres servent à vérifier qu'elle est parallèle, pas à la calculer.

Prochaines étapes