Ce qu'une fiche technique change dans les calculs
Deux colonnes du référentiel sont sa raison d'être : la température nominale de fonctionnement des cellules et le coefficient de température de la puissance. Ce sont elles qui disent de combien un module perd quand il chauffe, et elles entrent dans la production théorique de chaque pan — donc dans le Performance Ratio (ratio de performance) conforme à la norme IEC 61724-2 et dans le jumeau numérique. Un module donné pour −0,29 %/°C par son constructeur n'est pas un module à −0,40 : à 60 °C de cellule, un après-midi d'été ordinaire, l'écart entre les deux coefficients vaut près de 4 % de production attendue — de quoi déplacer un Performance Ratio, et les alarmes qui le lisent.
Sur la fiche d'une installation, le module retenu s'applique à tous les pans avec son NOCT et son coefficient réels, à la place des valeurs par défaut. Il apporte aussi son empreinte au sol : c'est elle que l'outil de mesure des pans par relevé laser confronte à la surface de toiture détourée — 350 modules de 2,17 m² doivent tenir dans les 813 m² mesurés, sinon c'est la puissance déclarée, la référence du module ou le détourage qui est faux.
Un catalogue partagé, amorcé sur des listes publiques
Le référentiel est commun à tous les clients. Il a été amorcé par la liste d'homologation de la California Energy Commission, puis par les bibliothèques du laboratoire national américain des énergies renouvelables (NREL) — le modèle à une diode des modules, les coefficients de rendement des onduleurs. Fin août 2026, il compte 483 fabricants, plus de 22 000 modules, environ 2 500 onduleurs et plus de 6 600 systèmes de stockage. Chaque valeur porte sa provenance et son rang : une fiche constructeur, la plus fiable du barème, corrige champ par champ une valeur importée d'une liste publique, sans jamais écraser ce qu'un humain a saisi.
Vous pouvez ajouter le matériel que le catalogue ne connaît pas encore, et ces fiches n'appartiennent qu'à vous : aucun autre client ne les voit. Seuls le fabricant et la référence sont obligatoires, tout le reste se complète plus tard, et les champs que vous renseignez sont verrouillés — aucun import ne les écrasera, une source constructeur viendra enrichir la même fiche plutôt que d'en créer une seconde. Quand plusieurs comptes décrivent la même référence avec les mêmes valeurs, l'accord est mesuré champ par champ ; mais rien n'est promu au catalogue commun sans qu'un humain le décide, parce que trois clients peuvent avoir recopié le même tableur faux.
Lire une fiche technique : des propositions, jamais des écritures
Plutôt que de recopier trente valeurs à la main, vous déposez la fiche technique en PDF. Sa lecture par un modèle d'intelligence artificielle prend une minute, en file d'attente, et conduit à un écran de relecture. Le modèle ne touche pas au catalogue : il produit des propositions, et tout ce qu'il a lu reste une proposition tant qu'un humain ne l'a pas regardée. Entre sa lecture et la relecture, trois filtres s'appliquent, dans cet ordre.
- 1 La citation. Chaque valeur est accompagnée de la chaîne exacte du document qui la porte, et cette chaîne est cherchée dans le texte du PDF. Une citation introuvable fait tomber le champ, quelle que soit la confiance annoncée. Le contrôle décisif est ailleurs : le nombre lui-même doit figurer dans la page. Un modèle qui recopie un libellé correct en changeant le chiffre — le mode de défaillance le plus courant sur un tableau à douze colonnes — passe la citation et échoue ici.
- 2 L'unité. Le modèle rend la valeur et l'unité telles qu'imprimées, et ne convertit jamais. La conversion est faite par le code, où elle est testable et où une erreur se voit : une puissance divisée par mille passe tous les contrôles de vraisemblance, 0,44 W est un nombre parfaitement ordinaire. Une unité inconnue fait tomber le champ — pas de « probablement des watts ».
- 3 La cohérence croisée. Une tension de 31 V et un courant de 13 A sont plausibles chacun ; ensemble, sur un module annoncé à 550 W, ils ne le sont plus — 31 × 13 font 403 W. C'est la forme que prend une invention de modèle : des valeurs individuellement crédibles, prises dans la mauvaise colonne. Les tolérances sont larges là où les fiches arrondissent, 2 % sur le produit tension-courant, et nulles là où la fiche est catégorique — une tension à vide inférieure à la tension de puissance maximale n'est pas un arrondi, c'est une lecture fausse.
Ces contrôles décident aussi de l'escalade. Quand ils relèvent une contradiction, la fiche est relue par un modèle plus capable avant d'aller occuper un humain — et c'est la contradiction qui déclenche, pas une confiance que le modèle se serait attribuée lui-même. Une seule escalade : au-delà, c'est le document qui pose problème.
La relecture, le document sous les yeux
L'écran de relecture met la fiche PDF à gauche et les propositions à droite, chacune avec sa citation. Cliquer une citation ouvre sa page, zoome et souligne la ligne d'où la valeur vient. La question à trancher est presque toujours celle de la colonne : une fiche décrit une gamme, huit ou douze puissances côte à côte, et un module de 445 W qui reçoit les tensions du 450 W est crédible et faux. Cela ne se tranche qu'en regardant.
Un garde-fou précède toute validation. Quand plusieurs propositions portent la même référence, c'est que la lecture a recopié le nom de la gamme au lieu de lire la référence propre à chaque colonne : PVReactive le signale en tête d'écran et demande de corriger avant d'enregistrer, parce qu'une deuxième validation ne créerait pas un second équipement — elle se fondrait dans le premier, et deux produits distincts n'en feraient plus qu'un.
Ce que le relecteur change est deux fois précieux. Chaque écart entre la proposition et la valeur retenue est mémorisé avec la citation qui a induit l'erreur — c'est l'erreur qui porte l'information, elle dit ce que la mise en page a de trompeur — et ces exemples sont réinjectés dans les lectures suivantes du même fabricant ou de la même chaîne graphique. Une valeur supprimée compte aussi : c'est le cas où le modèle avait inventé. Quand un motif revient, il se promeut en consigne de lecture, une phrase courte rédigée par un humain et inactive tant qu'un humain ne l'active pas : une règle écrite automatiquement puis appliquée automatiquement ne ferait que déplacer l'invention d'un cran. Et seuls les champs que l'humain a réécrits sont verrouillés ; un champ simplement confirmé reste ouvert à une fiche constructeur plus récente.
Le catalogue commun n'accepte rien sans corroboration
Une citation prouve d'où vient une valeur ; elle ne dit rien de sa justesse — un modèle qui recopie fidèlement la colonne voisine cite parfaitement. Avant tout versement au catalogue commun, les valeurs lues sont donc confrontées à une base de contrôle indépendante, qui porte ses propres mesures et n'a jamais vu le document. Quand les valeurs électriques d'une fiche tombent d'accord au millième avec cette base, il n'y a plus rien à trancher et la proposition entre sans relecture. Un seul écart, une référence absente de la base, un recoupement trop maigre : la proposition attend un humain. On n'accepte jamais « malgré » quelque chose, et une référence que la base ne connaît pas n'est jamais versée d'elle-même.
Il faut savoir ce que cette corroboration ne prouve pas. La base de contrôle ne porte que dix-huit des vingt-deux champs d'un module, douze des vingt d'un onduleur. Les champs recoupés jouent le rôle d'une signature : s'ils s'accordent tous, le document décrit bien cette référence et le modèle l'a lu correctement ; ce qu'il a lu par ailleurs hérite de cette confiance. Mais la confiance est héritée, pas démontrée, et le rapport le dit champ par champ.
Ce que le référentiel ne fait pas
Il ne connaît presque aucun onduleur du marché européen. Les listes qui l'ont amorcé sont américaines : sur sept références d'onduleurs courantes sur les toitures françaises, aucune n'y figurait. Côté modules, la couverture est bien meilleure, mais une référence récente sur deux manque. C'est précisément pour cela que la saisie manuelle et l'import de fiches techniques existent — et pourquoi le sélecteur de module de la fiche d'installation propose « Ajouter un nouveau modèle » à l'instant où l'on constate que la référence manque.
La recherche automatique de fiches ne remplace pas votre PDF. Un moteur qui rend dix liens plausibles n'a rien prouvé : sur une gamme, neuf décrivent la voisine. Un document n'est retenu que s'il nomme la référence demandée et porte un tableau de caractéristiques — mesuré sur les premiers documents trouvés, trois sur quatre n'en portaient aucun, des pages d'annuaire qui citent le module en titre et n'en disent rien. Une fiche que vous déposez vous-même reste le chemin le plus sûr.
Un document scanné se lit, mais rien n'y est vérifié. Sans couche texte, aucune citation ne peut être confrontée au document. Les valeurs qui en sortent sont marquées « citation non vérifiée », et l'humain prend la place du vérificateur — c'est la relecture qui porte alors toute la garantie.
Il ne choisit pas le module à votre place. Le module installé se déclare sur la fiche de chaque installation, et c'est lui qui alimente les pans. Tant qu'aucun n'est retenu, les valeurs par défaut restent en vigueur et rien ne le cache.
Comment en profiter ?
Le référentiel et l'import de fiches techniques sont inclus dans la supervision PVReactive. Pas encore client ? L'essai de 14 jours, sans carte bancaire, permet de connecter vos installations et de déclarer leur matériel — la grille tarifaire complète est affichée sur la page d'accueil.
- 1 Connectez vos comptes constructeurs : vos installations et leurs onduleurs remontent automatiquement.
- 2 Sur la fiche d'une installation, choisissez le module installé dans le référentiel — ou déposez sa fiche technique en PDF et relisez ce qui en a été lu.
- 3 Les pans reprennent le NOCT et le coefficient de température du module : la production théorique, le Performance Ratio et le jumeau numérique se recalculent avec les vraies valeurs.
Questions fréquentes
Mes équipements et mes fiches sont-ils visibles des autres clients ?
Non. Le catalogue commun est visible de tous ; ce que vous y ajoutez ne l'est que de votre compte, et une fiche technique déposée reste la vôtre. Une saisie ne rejoint le catalogue commun que par une décision humaine, jamais par un automatisme.
La fiche décrit toute une gamme : que se passe-t-il ?
Huit colonnes de puissance font huit propositions, chacune avec les caractéristiques communes recopiées et sa référence propre, lue en tête de colonne ou reconstruite à partir du nom de gamme. Vous validez celles qui vous intéressent, et le garde-fou des références en double vous arrête si la lecture a confondu la gamme et le produit.
Pourquoi une citation est-elle marquée « retrouvée mot à mot » ?
Parce que le texte d'un PDF ne sort pas dans l'ordre où l'œil le lit : une ligne de tableau peut être extraite en trois fragments séparés, chaque cellule étant un objet de dessin distinct. Exiger la chaîne complète rejetterait des lectures parfaitement justes. Les mots sont donc cherchés sur la même page, dans un ordre libre — et le nombre, lui, doit y figurer sans discussion.
Pour aller plus loin : la mesure des pans par relevé laser utilise le module retenu pour vérifier que les panneaux tiennent sur le toit, et le Performance Ratio conforme à la norme IEC 61724-2 consomme son coefficient de température. Notre glossaire explique aussi le rendement d'un panneau et le rôle de l'onduleur.